Contemporary Humanism – Jérôme de Gramont >> Retour sur une vieille querelle – l’anti-humanisme

Contemporary Humanism – Jérôme de Gramont >> Retour sur une vieille querelle – l’anti-humanisme

En ouverture à son article Rêve et existence, le psychiatre Ludwig Binswanger place une citation de Kierkegaard qui a tout lieu de rester et pour longtemps à l’ordre du jour : « Il convient plutôt de s’attacher à ce que signifie : être un homme ». Rien n’est plus commun que ce mot « homme », et tout nous y renvoie. Jusque dans l’approche des simples choses nous ne cessons d’avoir à faire avec l’homme et l’humain – les poèmes de Francis Ponge le montrent, où l’homme certes est absent mais où les choses le désignent sans cesse : la figue appelle la bouche, le savon tout le corps, et le pré demande l’homme qui marche. Pourtant nous voilà dans l’embarras dès lors qu’il nous faut expliquer ce que veut dire : être un homme. A cette question nous n’aurons pas trop du cours entier de notre vie pour répondre. La réalité la plus évidence : celle que nous sommes, se dérobe et devient question. À cette inévidence de l’homme à lui-même, Augustin aura donné sa formule : « J’étais devenu pour moi-même une grande question »,  et le poète Edmond Jabès sa mesure, lui pour qui Dieu aussi est une question : « Il y a le Livre de Dieu par lequel Dieu s’interroge et il y a le livre de l’homme qui est à la taille de celui de Dieu ».

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