{"id":17225,"date":"2021-08-04T08:04:33","date_gmt":"2021-08-04T06:04:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/?p=17225"},"modified":"2021-08-04T08:04:33","modified_gmt":"2021-08-04T06:04:33","slug":"la-reforme-liturgique-et-ses-opposants-deuxieme-reponse-a-dom-pateau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/la-reforme-liturgique-et-ses-opposants-deuxieme-reponse-a-dom-pateau\/","title":{"rendered":"La r\u00e9forme liturgique et ses opposants : deuxi\u00e8me r\u00e9ponse \u00e0 Dom Pateau"},"content":{"rendered":"<div><img decoding=\"async\" alt=\"viadelconcilio011\" src=\"http:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/wp-content\/uploads\/viadelconcilio011.jpg\" \/><\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Il P. Pierre Vignon ha tradotto in francese la mia seconda risposta all&#8217;Abate di Fontgombault. Lo ringrazio per questo prezioso servizio al dialogo.<\/em><\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>La r\u00e9forme liturgique et ses opposants : deuxi\u00e8me r\u00e9ponse \u00e0 Dom Pateau<\/strong><br \/>\npar Andrea Grillo<\/p>\n<p>Cher P\u00e8re Abb\u00e9,<\/p><\/div>\n<div>\nJ&#8217;ai lu avec grand plaisir votre r\u00e9ponse aux consid\u00e9rations que j&#8217;avais jointes \u00e0 votre pr\u00e9c\u00e9dente interview. Il me semble que, dans la diversit\u00e9 des itin\u00e9raires par lesquels nous \u00e9valuons avec une participation attentive, la &#8220;question liturgique&#8221; en tant que probl\u00e8me d\u00e9cisif pour l&#8217;\u00c9glise du pr\u00e9sent et de l&#8217;avenir, \u00e9mergent certaines perspectives qu&#8217;il est n\u00e9cessaire d&#8217;\u00e9claircir avec une lumi\u00e8re davantage convaincante. J&#8217;examine donc vos trois affirmations-cl\u00e9s et je les soumets \u00e0 un examen sinc\u00e8re, en reconnaissant pleinement l&#8217;intention droite qui guide votre pr\u00e9occupation, mais en signalant de mani\u00e8re tout aussi franche l\u00e0 o\u00f9 je trouve les plus grands probl\u00e8mes dans votre fa\u00e7on respectable de les pr\u00e9senter.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>a) Summorum Pontificum et la fiction des &#8220;deux formes&#8221; du rite romain.<\/strong><\/div>\n<div><strong>\u00a0<\/strong><\/div>\n<div>Vous identifiez tr\u00e8s bien ma difficult\u00e9 fondamentale. il n&#8217;y a pas deux formes du rite romain, mais les r\u00e9sistances \u00e0 la r\u00e9forme liturgique (pr\u00e9-conciliaire et conciliaire) ont d\u00e9velopp\u00e9 une argumentation objectivement &#8220;n\u00e9gationniste&#8221; \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la r\u00e9forme. Le fait que le Pape Beno\u00eet XVI ait adopt\u00e9 cette perspective de lecture ne la rend pas vraie. Les choses d\u00e9form\u00e9es demeurent d\u00e9form\u00e9es, m\u00eame lorsqu&#8217;elles sont reprises par les \u00e9v\u00eaques et les papes. Pour bien le comprendre, nous devons nous demander quand cet &#8220;argument&#8221; est apparu. Vous l&#8217;attribuez au cardinal Lustiger et au cardinal Ratzinger, mais nous sommes d\u00e9j\u00e0 dans les ann\u00e9es 2000. Non, l&#8217;argument est n\u00e9 avec la plus ancienne des r\u00e9formes les plus r\u00e9centes, c&#8217;est-\u00e0-dire avec la &#8220;r\u00e9forme de la Veill\u00e9e pascale&#8221; souhait\u00e9e par Pie XII et propos\u00e9e &#8220;ad experimentum&#8221; en 1951 \u00e0 toute l&#8217;Eglise. A cette occasion, parmi les \u00e9valuations que les \u00e9v\u00eaques du monde entier ont envoy\u00e9es \u00e0 Rome, ressortait la r\u00e9action de l&#8217;archev\u00eaque Giuseppe Siri, de G\u00eanes, lequel proposait &#8220;que la r\u00e9forme de la Veill\u00e9e pascale&#8221; ne concerne que ceux qui voudraient l&#8217;adopter tandis que ceux qui ne la voudraient pas seraient rest\u00e9s libres de suivre le &#8220;Vetus ordo&#8221;. Il y a d\u00e9j\u00e0 70 ans que cette &#8220;option&#8221; est apparue et que, si elle avait \u00e9t\u00e9 suivie, la r\u00e9forme d&#8217;alors aurait \u00e9t\u00e9 vid\u00e9e de son sens. 15 ans plus tard, la m\u00eame chose a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Marcel Lefebvre, imm\u00e9diatement apr\u00e8s le Concile, en demandant de pouvoir continuer \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer avec le VO, malgr\u00e9 le fait que &#8216;Eglise catholique avait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 une &#8220;r\u00e9forme g\u00e9n\u00e9rale&#8221; de toute la liturgie. Voil\u00e0, ce que nous devons apprendre : c&#8217;est que le &#8220;m\u00e9canisme r\u00e9flexe&#8221; qui pr\u00e9tendrait que sont en vigueur en m\u00eame temps deux rites, soit le nouveau soit l&#8217;ancien, est apparu pour s&#8217;opposer radicalement \u00e0 la r\u00e9forme liturgique. Et cela demeure tel avec SP malgr\u00e9 la d\u00e9claration des bonnes intentions. Pour cette raison, afin de demeurer fid\u00e8le au Concile Vatican II, Fran\u00e7ois n&#8217;a pu qu&#8217;abroger une logique &#8220;incertaine et confuse&#8221; au sujet de la r\u00e9forme liturgique. Le seul rite en vigueur est celui qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 apr\u00e8s le Concile, sur les indications claires du Concile lui-m\u00eame. Il n&#8217;y a pas d&#8217;autre rite : il n&#8217;y a que la &#8220;forme pr\u00e9c\u00e9dente&#8221; qui, en raison de ses graves limites, a \u00e9t\u00e9 revue et remodel\u00e9e. Il n&#8217;y a pas de place possible pour un arbitrage sur ce point.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>b) Il n&#8217;y a pas concurrence, il y a discontinuit\u00e9 et continuit\u00e9.<\/strong><\/div>\n<div><strong>\u00a0<\/strong><\/div>\n<div>La forme en vigueur du rite romain assume en elle-m\u00eame la discontinuit\u00e9 et la continuit\u00e9. Comme il est manifeste et comme cela se produit dans les faits historiques, il n&#8217;y a pas de succession du &#8220;mal&#8221; et du &#8220;bien&#8221;. On pourrait dire que, dans le VO, il y avait d\u00e9j\u00e0 les \u00e9l\u00e9ments fondamentaux du NO, tandis que dans le NO se trouvent des dimensions que le VO d\u00e9veloppait d&#8217;une fa\u00e7on diff\u00e9rente. Mais il n&#8217;y a pas de &#8220;concurrence&#8221; parce que le d\u00e9veloppement de la tradition ne permet pas de garder en m\u00eame temps la forme \u00e0 modifier avec la forme qui la modifie. Ce n&#8217;est que pour un temps court, et sans continuit\u00e9, qu&#8217;il est possible d&#8217;accepter un &#8220;interr\u00e8gne&#8221; : ainsi pensaient Paul VI, Von Balthasar, et Giuseppe Siri lui-m\u00eame. Et cela n&#8217;est qu&#8217;une cons\u00e9quence de tous les processus g\u00e9n\u00e9raux de r\u00e9forme. Le &#8220;rite extraordinaire&#8221; a \u00e9t\u00e9 pour cette raison une fiction juridique qui a, en fait, cr\u00e9\u00e9 une nouvelle confusion dans l&#8217;Eglise pendant 14 ans. Comme si on pouvait &#8220;rester catholique&#8221; en ignorant le Concile Vatican II ! Cette hypoth\u00e8se du tout au tout fictive a \u00e9t\u00e9 rendue possible par un embrouillamini juridique que la Commission Ecclesia Dei a tent\u00e9 en vain d&#8217;arbitrer et qu&#8217;elle n&#8217;a fait qu&#8217;empirer, jusqu&#8217;au paradoxe de prolonger le missel de 1962 lui-m\u00eame. La d\u00e9chirure eccl\u00e9siale est in\u00e9vitable s&#8217;il est possible de c\u00e9l\u00e9brer la m\u00eame Eucharistie dans un rite en m\u00eame temps que le rite qui voulait corriger ce rite. Il fallait l\u00e0 une parole claire du pape, qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e avec autorit\u00e9 dans TC, pour r\u00e9tablir le principe ancien et moderne, selon lequel il y a un seul &#8220;champ de travail&#8221; &#8211; \u00e0 savoir le seul rite romain en vigueur &#8211; dans lequel on pourrait \u00e9laborer avec soin toute la c\u00e9l\u00e9bration de la tradition.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>c) Aucune &#8220;r\u00e9forme de la r\u00e9forme&#8221; mais la r\u00e9ception de l&#8217;unique r\u00e9forme.<\/strong><\/div>\n<div><strong>\u00a0<\/strong><\/div>\n<div>En troisi\u00e8me lieu, il est \u00e9vident qu&#8217;une &#8220;menace \u00e0 la r\u00e9ception du Concile&#8221; vient de tous les endroits o\u00f9 on n&#8217;accepte pas de c\u00e9l\u00e9brer l&#8217;Eucharistie et tous les sacrements dans la seule forme en cours. Je comprends bien que parmi ceux qui &#8220;ont fait usage de SP&#8221;, il y a aussi des diff\u00e9rences assez importantes et que tous ne veulent pas \u00eatre &#8220;la vraie Eglise&#8221;. Mais quand on c\u00e9l\u00e8bre avec un rite qui n&#8217;est pas en vigueur, on adopte une approche de l&#8217;Eglise qui incline in\u00e9vitablement au schisme. La parole d&#8217;\u00e9claircissement de TC ne r\u00e9tablit pas seulement le principe de l&#8217;unique lex orandi, avec l&#8217;inexistence d&#8217;une &#8220;concurrence entre diff\u00e9rentes formes rituelles&#8221;, mais elle assure aussi l&#8217;unification de la &#8220;r\u00e9forme&#8221; dans la seule forme en vigueur. Cela implique une s\u00e9rie de cons\u00e9quences tr\u00e8s pertinentes, m\u00eame pour la perspective que vous, Dom Pateau, consid\u00e9rez justement comme importante. Nous travaillons ensemble, sur une table unique, clairement conciliaire, \u00e0 une bonne r\u00e9ception de la r\u00e9forme liturgique, \u00e0 la mise en valeur d&#8217;un &#8220;ars celebrandi&#8221; qui implique fondamentalement l&#8217;assembl\u00e9e, qui g\u00e9n\u00e8re des minist\u00e8res, qui engage des hommes et des femmes, qui renouvelle le chant, l&#8217;art, les couleurs, les silences et les espaces. L&#8217;Eglise n&#8217;est pas un mus\u00e9e \u00e0 garder mais un jardin \u00e0 faire fleurir.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Une derni\u00e8re chose, tr\u00e8s importante. Le Concile Vatican II n&#8217;a \u00e9t\u00e9 ni une cause de crise ni une occasion de crise, mais le d\u00e9but solennel de la sortie d&#8217;une crise pr\u00e9sente en Europe depuis plus d&#8217;un si\u00e8cle. Rosmini en Italie, Gu\u00e9ranger en France, et plus tard Festugi\u00e8re en Belgique, se plaignaient d\u00e9j\u00e0 en leur temps de l&#8217;inadaptation des c\u00e9l\u00e9brations catholiques. Les formes de r\u00e9sistance \u00e0 la r\u00e9forme liturgique, qui s&#8217;expriment \u00e9galement dans les principes d\u00e9form\u00e9s adopt\u00e9s par Summorum Pontificum, ne seront pas surmont\u00e9es seulement par TC, mais seulement par une reprise de l&#8217;\u00e9lan de ce Mouvement liturgique qui a pr\u00e9par\u00e9 le Concile, et sans lequel le Concile ne pourra pas susciter une v\u00e9ritable r\u00e9ponse \u00e0 la &#8220;question liturgique&#8221;. Sur ce point, je crois qu&#8217;il est possible que tous ceux qui ont \u00e0 coeur un cheminement eccl\u00e9sial commun, qui ne veulent pas cr\u00e9er une Eglise parall\u00e8le, une Eglise de purs, et qui ne restent pas fix\u00e9s sur des formes rituelles objectivement d\u00e9pass\u00e9es, pourront collaborer \u00e0 une meilleure qualit\u00e9 de la liturgie catholique. De ce travail en commun, sereinement inspir\u00e9 par le Concile Vatican II et par la r\u00e9forme qui en a r\u00e9sult\u00e9, nous pourrons \u00eatre \u00e0 l&#8217;avenir des soutiens convaincus malgr\u00e9 des chemins tr\u00e8s diff\u00e9rents et des sensibilit\u00e9s si diverses.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Avec mes cordiales salutations.<\/div>\n<div><\/div>\n<div>Andrea Grillo<\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il P. Pierre Vignon ha tradotto in francese la mia seconda risposta all&#8217;Abate di Fontgombault. Lo ringrazio per questo prezioso servizio al dialogo. 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