{"id":12217,"date":"2017-10-02T23:24:42","date_gmt":"2017-10-02T21:24:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/?p=12217"},"modified":"2018-09-10T09:04:24","modified_gmt":"2018-09-10T07:04:24","slug":"les-paralogismes-du-transhumanisme-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/les-paralogismes-du-transhumanisme-2\/","title":{"rendered":"Les paralogismes du transhumanisme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center\"><span style=\"text-decoration: underline\"><a href=\"http:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/?p=12219\">Vedi qui la traduzione italiana<\/a><\/span><\/p>\n<p>En avril 2015, je publiais ici un blog <a title=\"Transhumanisme et r\u00e9surrection\" href=\"http:\/\/www.cittadellaeditrice.com\/munera\/transhumanisme-et-resurrection\/\"><i>Transhumanisme et r\u00e9surrection<\/i><\/a>. Le succ\u00e8s foudroyant du dernier livre <i>Homo Deus<\/i> de Yuval Noah Harari me pousse \u00e0 revenir sur cette question. \u00ab\u00a0Le Point\u00a0\u00bb du 31 ao\u00fbt a publi\u00e9 une interview de l\u2019auteur, qui r\u00e9sume bien son propos. Au point de d\u00e9part, il y a deux postulats n\u00e9gatifs\u00a0: deux mythes sont en voie de disparition, car ils perdent de plus en plus leur pertinence\u00a0: l\u2019existence de Dieu et la libert\u00e9 individuelle.<\/p>\n<p>De la <i>religion<\/i>, Harari dit trois choses\u00a0: il d\u00e9clare d\u2019abord \u00ab\u00a0qu\u2019une des caract\u00e9ristiques primordiales des \u00eatres divins est de fabriquer du vivant\u00a0\u00bb. Or, dit-il, nous sommes capables de \u00ab\u00a0remodeler la vie\u00a0\u00bb ou encore de \u00ab\u00a0refa\u00e7onner le code de la vie\u00a0\u00bb. D\u2019autre part, qui dit \u00ab\u00a0vie\u00a0\u00bb dit \u00ab\u00a0mort\u00a0\u00bb, et justement les technologies issues de l\u2019AI (<i>artificial intelligence<\/i>) permettront de renouveler ind\u00e9finiment la vie, de faire reculer et, \u00e0 terme, de supprimer la mort. Plus besoin alors\u00a0de dieu ni de religion. En second lieu, Harari constate que les religions fournissent des crit\u00e8res d\u2019identit\u00e9 qui permettaient la constitution de communaut\u00e9s et engendraient par ailleurs des crises. Or, nous n\u2019avons plus besoin de ces crit\u00e8res\u00a0: aujourd\u2019hui, les communaut\u00e9s politiques sont constitu\u00e9es autrement\u00a0: partout on trouve \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9tat-nation bureaucratique\u00a0\u00bb. Les religions, on le voit bien, n\u2019ont rien \u00e0 dire soit sur la vie quotidienne, r\u00e9gl\u00e9e par les techniques (m\u00e9dicales ou autres), soit sur le d\u00e9veloppement r\u00e9el de la civilisation, l\u2019AI et la g\u00e9n\u00e9tique. Enfin, Harari relie la religion \u00e0 la question de l\u2019autorit\u00e9\u00a0: la religion fournit une fiction qui justifie une autorit\u00e9 de type monarchique, aujourd\u2019hui obsol\u00e8te.<\/p>\n<p>De la<i> libert\u00e9 individuelle<\/i> qui est aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9l\u00e9ment central de la civilisation, Harari dit qu\u2019elle aussi est une fiction\u00a0: \u00ab\u00a0La science explique que les sentiments, les choix et les d\u00e9sirs humains sont le simple produit de la biochimie\u00a0\u00bb, explicables en principe (m\u00eame si nous n\u2019avons pas encore aujourd\u2019hui les formules math\u00e9matiques de ces r\u00e9gions que nous appelons \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb). Tout rel\u00e8ve d\u2019algorithmes. D\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, il y a int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire confiance, pour les actes \u00e0 poser, aux datas disponibles, plut\u00f4t qu\u2019aux variations des humeurs humaines. Ce sont eux, ces datas, qui fourniront l\u2019autorit\u00e9 du futur.<\/p>\n<p>A la limite, on entrevoit donc \u00ab\u00a0un syst\u00e8me cosmique de traitement des donn\u00e9es, qui serait pareil \u00e0 Dieu\u00a0: il sera partout, contr\u00f4lera tout et les \u00eatres humains sont destin\u00e9s \u00e0 se fondre en lui\u00a0\u00bb. Notons au passage qu\u2019il y a ici une id\u00e9e de Dieu qui est plus large que celles mentionn\u00e9es plus haut\u00a0; on le d\u00e9crivait par ses pr\u00e9rogatives\u00a0: ma\u00eetre de la vie et de la mort, r\u00e9f\u00e9rent ultime des communaut\u00e9s, fondement de l\u2019autorit\u00e9. Ici, il s\u2019agit d\u2019une part de son ubiquit\u00e9 (\u00ab\u00a0il sera partout\u00a0\u00bb), de l\u2019autre de son caract\u00e8re de fin ultime qui annulerait l\u2019humain par une absorption non plus mystique mais math\u00e9matique\u00a0: mani\u00e8re moderne de dire le triomphe de l\u2019Un sur l\u2019homme.<\/p>\n<p>Les propos de Harari me conduisent \u00e0 poser quelques questions\u00a0:<\/p>\n<p><b><i>Sur dieu et la religion<\/i><\/b><\/p>\n<p>Certes, les affirmations de Harari rejoignent en partie les critiques qui ont pu \u00eatre formul\u00e9es, dans l\u2019histoire r\u00e9cente de la pens\u00e9e, \u00e0 propos une id\u00e9e \u00ab\u00a0trop humaine\u00a0\u00bb de ce qu\u2019on appelle dieu, et ces critiques ont port\u00e9 du fruit, si on consid\u00e8re l\u2019affinement de la question de Dieu, l\u2019av\u00e8nement de la s\u00e9cularisation, la fin ou, mieux, la transformation de la religion. Il ne semble pas qu\u2019Harari connaisse tellement toute l\u2019histoire r\u00e9cente de la th\u00e9ologie (au sens non confessionnel de ce terme\u00a0: discours sur dieu). C\u2019est \u00e0 l\u2019id\u00e9e affin\u00e9e de Dieu dans le monde pr\u00e9sent, non pas \u00e0 ses repr\u00e9sentations grossi\u00e8res, m\u00eame si elles sont encore vives, qu\u2019il aurait fallu s\u2019affronter. En tout cas, pour reprendre un des d\u00e9veloppements de Harari, il me semble qu\u2019il y a une diff\u00e9rence consid\u00e9rable entre <i>fabriquer la vie<\/i>, d\u2019une part, la <i>remodeler<\/i> et <i>refa\u00e7onner<\/i>, de l\u2019autre. Cette diff\u00e9rence est palpable dans l\u2019usage du pr\u00e9fixe \u00ab\u00a0re\u00a0\u00bb. S\u2019il y a de la vie, nous pouvons intervenir sur elle. Mais faire de la vie, c\u2019est-\u00e0-dire faire na\u00eetre un vivant \u00e0 partir de mat\u00e9riaux non organiques est une tout autre performance. Or, on n\u2019est encore jamais pass\u00e9 de la seconde \u00e0 la premi\u00e8re, et on ne peut affirmer qu\u2019on le pourra, sinon sur la base d\u2019un acte de foi dont la cr\u00e9dibilit\u00e9 est douteuse. Et, \u00e0 supposer qu\u2019on y parvienne, il faudrait alors r\u00e9pondre \u00e0 la question toujours actuelle de Leibniz\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi y a-t-il quelque chose plut\u00f4t que rien\u00a0?\u00a0\u00bb ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Comment y a-t-il quelque chose\u00a0?\u00a0\u00bb. Il me semble que ce genre de questions est<i> m\u00e9taphysique<\/i>, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une autre nature que les questions de physique et de technologie, fussent-elles \u00ab\u00a0nano\u00a0\u00bb\u00a0: c\u2019est la question du fondement.\u00a0 Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, le mot \u00ab\u00a0dieu\u00a0\u00bb personnalisait la r\u00e9ponse \u00e0 cette question. Si on supprime ce mot et ce qu\u2019il d\u00e9signe, que met-on \u00e0 la place\u00a0? Harari dirait\u00a0: les big data, je vais y revenir.<\/p>\n<p><b><i>Sur la libert\u00e9 individuelle. <\/i><\/b><\/p>\n<p>On trouve dans le texte de cet interview des expressions qui ne vont pas dans la direction du \u00ab\u00a0tout algorithme\u00a0\u00bb. A propos des psychotropes, Harari souligne par trois fois que nous ne cherchons pas vraiment \u00e0 \u00ab\u00a0comprendre la complexit\u00e9 de l\u2019esprit humain\u00a0\u00bb. Nous faisons toutes nos manipulations terriblement efficaces, sur le monde et sur nous-m\u00eames \u00ab\u00a0avant de comprendre ce que nous faisons\u00a0\u00bb. Je ne sais pas comment interpr\u00e9ter ce texte dans le cadre du tout algorithme. Qu\u2019est-ce que compr\u00e9hension pr\u00e9alable\u00a0? D\u2019o\u00f9 sort-elle\u00a0? comment est-elle possible\u00a0? C\u2019est au manque de cette r\u00e9gulation qu\u2019Hariri attribue une \u00ab\u00a0\u00e9pid\u00e9mie de stress et de d\u00e9pression\u00a0\u00bb. N\u2019y aurait-il pas alors quelque chose d\u2019ant\u00e9rieur aux big datas\u00a0? Ne faudrait-il pas \u00e9laborer quelque chose comme une th\u00e9orie de la connaissance \u00e9thique\u00a0? Mais alors nous sortons du paradigme \u00ab\u00a0tout algorithme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une autre difficult\u00e9 vient de passages o\u00f9 l\u2019auteur fait intervenir des \u00e9l\u00e9ments qui semblent \u00e9trangers \u00e0 sa d\u00e9marche. \u00ab\u00a0Je ne suis pas d\u00e9terministe\u00a0\u00bb, dit-il. Il remarque en effet que, avec les instruments techniques de l\u2019\u00e9poque, \u00ab\u00a0l\u2019humanit\u00e9 a construit, au choix un r\u00e9gime nazi, une dictature communiste ou une d\u00e9mocratie lib\u00e9rale\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Au choix\u00a0\u00bb\u00a0! Mais, plus haut, il disait\u00a0: \u00ab\u00a0nos choix sont le simple produit de la biochimie\u00a0\u00bb, et ses d\u00e9veloppements comprennent une exhortation, justement, \u00e0 laisser nos choix \u00e0 Google qui sait mieux que nous ce qui convient \u00e0 un instant donn\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019acheter une voiture ou de voter pour tel ou tel candidat. Les choix que nous ferions \u00e0 partir de notre humanit\u00e9, et non \u00e0 partir d\u2019algorithmes pertinents, ne semblent donc pas \u00e0 prendre en consid\u00e9ration. La question serait plut\u00f4t\u00a0: qu\u2019est-ce qui, \u00ab\u00a0algorithmicant\u00a0\u00bb parlant, oriente vers le nazisme, le communisme, ou plut\u00f4t la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale\u00a0? Et s\u2019il s\u2019agit pour cela de d\u00e9finir un algorithme, n\u2019en revient-on pas au d\u00e9terminisme\u00a0? Sinon, il manque \u00e0 Harari une r\u00e9flexion sur le choix dont il parle.<\/p>\n<p>Une troisi\u00e8me difficult\u00e9 vient de ce que, si on laisse exclusivement jouer l\u2019AI, on aboutit \u00e0 quelque chose qui pourrait bien ressembler, en pire, aux hi\u00e9rarchies nazi ou communiste et \u00e0 leurs camps de concentration et de destruction. Hariri semble consid\u00e9rer comme in\u00e9vitable que le d\u00e9veloppement de l\u2019AI et du tout algorithme engendre une nouvelle aristocratie, une \u00ab\u00a0\u00e9lite\u00a0\u00bb, dit-il \u00e0 plusieurs reprises, qui laisse derri\u00e8re elle des populations \u00ab\u00a0inutiles\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0barbares\u00a0\u00bb, tandis qu\u2019elle-m\u00eame jouit de \u00ab\u00a0zones avanc\u00e9es de civilisation\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0L\u2019essor d\u2019une classe inutile, \u00e9crit-il, est un probl\u00e8me in\u00e9dit dans l\u2019Histoire et personne n\u2019en conna\u00eet les cons\u00e9quences\u00a0\u00bb.\u00a0 Est-ce tellement in\u00e9dit\u00a0? Harari est juif, et les th\u00e9ories qui ont conduit le nazisme \u00e0 tenter de supprimer sa nation avaient aussi quelque chose de d\u00e9terministe, \u00e0 savoir l\u2019exaltation quasi mystique de la race arienne, vou\u00e9e \u00e0 l\u2019exaltation, sur la race juive vou\u00e9e \u00e0 la destruction.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs tout cela n\u2019est-il pas divagations, elles aussi, inutiles, si le d\u00e9veloppement de l\u2019AI entra\u00eene la disparition de l\u2019homo sapiens, remplac\u00e9 jusque dans son cerveau\u00a0? On n\u2019est plus dans l\u2019humain, m\u00eame \u00ab\u00a0augment\u00e9\u00a0\u00bb mais dans ce que certains transhumanistes appellent le \u00ab\u00a0post-humain\u00a0\u00bb. Au fond, il y a d\u00e9j\u00e0 et il y aura de plus en plus une \u00ab\u00a0saison \u00e9lites\u00a0\u00bb, celles-ci diminuant progressivement en nombre tout en augmentant en capacit\u00e9s, jusqu\u2019au moment o\u00f9 le dieu algorithme aura tout absorb\u00e9, o\u00f9 tout se \u00ab\u00a0sera fondu en lui\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La r\u00e9flexion que je formule ici n\u2019est pas purement th\u00e9orique. Il est s\u00fbr que la technique contemporaine, avec l\u2019immense saut fait avec l\u2019internet, se r\u00e9v\u00e8le de plus en plus puissante\u00a0: des premiers ordinateurs au smartphone de poche, que de progr\u00e8s en si peu de temps\u00a0! Et les cons\u00e9quences suivent et suivront. Harari montre la sup\u00e9riorit\u00e9 \u00e9crasante de l\u2019Etat d\u2019Isra\u00ebl sur son ennemi palestinien, due \u00e0 \u00ab\u00a0un r\u00e9seau de drones, cam\u00e9ras et algorithmes qui contr\u00f4lent quasi chaque individu en Cisjordanie\u00a0\u00bb. Les m\u00eames r\u00e9seaux se d\u00e9velopperont ailleurs\u00a0; eux ou d\u2019autres de\u00a0m\u00eame nature sont d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u0153uvre. De la sorte, l\u2019horizon d\u2019une division de l\u2019humanit\u00e9 entre une \u00ab\u00a0\u00e9lite\u00a0\u00bb (mais ce mot convient-il\u00a0?) performante et une masse inutile et barbare, ne rel\u00e8ve pas de la science fiction. Il est plus que temps de revenir \u00e0 des perspectives \u00e9thiques qui orientent autrement l\u2019AI, afin qu\u2019elle puisse servir le bien-\u00eatre de tous les hommes, le bien de la \u00ab\u00a0maison commune\u00a0\u00bb comme dit le pape Fran\u00e7ois.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vedi qui la traduzione italiana En avril 2015, je publiais ici un blog Transhumanisme et r\u00e9surrection. 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